Signée le mardi 3 novembre 2026 à Rabat, la déclaration conjointe entre les deux institutions formalise ce nouvel appui financier. Celui-ci s’inscrit dans la continuité d’un partenariat engagé en 2012 et vient soutenir les investissements prévus par l’ANP jusqu’en 2030.
Le programme couvre quatre principaux domaines. Il prévoit la réhabilitation et le renforcement des infrastructures portuaires, le recours aux énergies renouvelables et au dessalement de l’eau non conventionnelle, la modernisation des ports de pêche ainsi que la décarbonation et l’électrification des quais. Ces interventions doivent améliorer les capacités des installations portuaires et accompagner leur adaptation aux exigences environnementales et énergétiques.
Une partie importante des opérations concerne les ports des provinces du Sud. Les installations de Tan-Tan, Tarfaya, Laâyoune, Boujdour, Dakhla et Lamhiriz sont notamment visées par les investissements programmés. Leur modernisation répond à un double objectif : améliorer les équipements portuaires de ces territoires et renforcer leur contribution aux échanges économiques sur la façade atlantique.
Cette orientation s’inscrit dans les ambitions du Maroc de développer ses débouchés commerciaux vers l’Afrique. Au-delà de leur fonction de traitement des marchandises, les ports constituent des points d’accès aux marchés régionaux, à condition de disposer de liaisons maritimes et terrestres suffisamment performantes. L’enjeu consiste donc à renforcer les infrastructures tout en élargissant leur hinterland, c’est-à-dire les territoires économiques qu’elles peuvent desservir.
La stratégie portuaire nationale à l’horizon 2030 accorde une place croissante à cette dimension logistique. Le Royaume entend consolider son rôle de plateforme entre la Méditerranée et l’Afrique de l’Ouest, tout en développant les connexions avec les économies du Sahel, notamment le Mali et le Niger, qui ne disposent pas d’accès direct à la mer.
Plusieurs projets structurants illustrent cette ambition. L’inauguration du terminal à conteneurs de Nador West Med et l’attribution, la semaine dernière, d’une concession à APM Terminals pour le développement de Tanger Med 3 participent à l’extension des capacités portuaires nationales. Ce nouveau terminal de Tanger Med doit offrir une capacité supplémentaire de 4,5 millions d’EVP, soit l’équivalent de conteneurs de vingt pieds.
Cette montée en puissance intervient alors que le trafic portuaire marocain poursuit sa progression. D’après les données du ministère de l’Équipement et de l’Eau, les ports du Royaume ont traité 262,6 millions de tonnes de marchandises en 2025, contre 241,2 millions en 2024. Le volume global a ainsi augmenté de 8,9 % en un an.
Tanger Med contribue fortement à cette évolution. Le complexe portuaire a enregistré 10,3 millions d’EVP en transbordement de conteneurs, soit une progression de 7,9 % par rapport à l’année précédente. Ces performances soulignent le poids du transbordement dans l’activité portuaire nationale et la place des connexions maritimes internationales dans le développement du secteur.
Le nouvel accord avec l’AFD prolonge une coopération financière construite progressivement. En 2012, le premier concours accordé à l’ANP avait pris la forme d’un prêt de 50 millions d’euros destiné notamment à la modernisation et à la réhabilitation des infrastructures portuaires.
En juillet 2020, un deuxième financement de 100 millions d’euros, complété par une subvention de 800 000 euros, avait été conclu. Il accompagnait le programme d’investissement de l’ANP pour 2018-2024, dont l’enveloppe dépassait 600 millions d’euros. Les projets portaient notamment sur le renforcement des ouvrages portuaires, la protection des installations contre les effets de la montée du niveau de la mer, l’amélioration de l’efficacité énergétique et la prévention de la pollution marine.
Une nouvelle impulsion avait été donnée à ce partenariat en octobre 2024, lors de la visite d’État du président français Emmanuel Macron au Maroc. Une déclaration d’intention avait alors posé les bases d’un nouvel accompagnement de 100 millions d’euros consacré à la transition écologique, à la résilience climatique et au développement de l’économie bleue.
Avec ce troisième concours financier, l’ANP dispose d’un nouvel appui pour concrétiser son programme d’investissement à l’horizon 2030. La réussite de cette stratégie dépendra toutefois de la capacité du Royaume à transformer les infrastructures modernisées en services logistiques compétitifs, à attirer les opérateurs maritimes et à développer des connexions terrestres efficaces avec les marchés africains.
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