Partager

Maroc : lancement de la Stratégie nationale de Supply Chain Finance

23 avr. 2026 Les Eco

La Stratégie nationale de Supply Chain Finance (SCF), portée par le ministère de l'Economie et des Finances, Bank Al-Maghrib (BAM) et la Société financière internationale (IFC), a été officiellement lancée, mercredi à Casablanca, en vue d'améliorer l'accès au financement des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) et de renforcer la résilience des chaînes de valeur.

Cette stratégie vise à structurer un écosystème de financement intégré, fondé sur des solutions innovantes et digitales, tout en favorisant la fluidification des flux financiers entre les différents acteurs économiques.

Elle ambitionne également de réduire les délais de paiement, d'optimiser la gestion de trésorerie des entreprises et de consolider la compétitivité du tissu productif national, en particulier celui des TPME.

Intervenant à cette occasion, le directeur général de Bank Al-Maghrib (BAM), Abderrahim Bouazza, a souligné que cette initiative constitue une étape structurante pour le renforcement du financement des chaînes de valeur au Maroc.

« Cette stratégie vise à définir un cadre opérationnel intégré, assorti d'une feuille de route claire pour son déploiement progressif », a noté Bouazza, mettant en exergue la mobilisation d'un large écosystème institutionnel et financier, ainsi que l'appui technique et financier de partenaires internationaux.

« La SCF, en tant que plateforme digitale intégrée reliant donneurs d'ordres, fournisseurs et institutions financières, est appelée à transformer en profondeur les pratiques commerciales et financières, notamment à travers la réduction des délais de paiement, l'optimisation de la gestion de trésorerie et une meilleure évaluation des risques », a-t-il poursuivi.

Pour sa part, Naouar Riadh, responsable des services de conseil pour le Groupe des Institutions Financières de la Société Financière Internationale (IFC) pour l'Afrique du Nord, l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique Centrale, a salué le leadership du Maroc dans la conception de cette stratégie, relevant qu'elle s'inspire des meilleures pratiques internationales tout en étant adaptée aux spécificités du tissu économique national.

Il a estimé que cette initiative apporte une réponse concrète à des contraintes structurelles persistantes, notamment l'accès limité des TPME au financement du fonds de roulement, les délais de paiement prolongés et les tensions de trésorerie, qui freinent leur contribution à la création de valeur et aux exportations.

Il a ensuite expliqué que la Supply Chain Finance constitue un levier opérationnel de fluidification des flux financiers tout au long des chaînes de valeur, permettant de mobiliser rapidement les liquidités nécessaires au financement des stocks, à l'exécution des commandes et au soutien des distributeurs.

Ce dispositif génère, selon lui, des bénéfices partagés, en facilitant l'accès des PME à des financements plus rapides et mieux adaptés, tout en permettant aux grandes entreprises de sécuriser leurs chaînes d'approvisionnement et aux institutions financières d'enrichir leur offre de services.

Dans le même esprit, Riadh a considéré que, dans un contexte international marqué par des perturbations logistiques et des tensions géopolitiques, la SCF s'impose comme un instrument stratégique pour renforcer la résilience des chaînes d'approvisionnement et préserver la compétitivité des économies.

De son côté, Bchir Mohamed Tarik, Directeur du Trésor et des Finances Extérieures (DTFE) au ministère de l'Economie et des Finances, a affirmé que la Stratégie nationale de Supply Chain Finance constitue une réponse structurante aux enjeux actuels de financement des TPME. Il a mis en avant le caractère stratégique du financement des chaînes de valeur, le qualifiant de levier déterminant pour la compétitivité, la résilience du tissu productif et la souveraineté économique du Royaume.

Il a par ailleurs rappelé les efforts déployés ces dernières années pour renforcer l'accès au financement, citant notamment le programme Intelaka ayant permis de mobiliser plus de 54 milliards de dirhams au profit de 86.000 bénéficiaires, ainsi que la mise en place du Fonds Mohammed VI pour l'investissement et le lancement de plusieurs fonds sectoriels.

Malgré ces avancées, il a relevé que les délais de paiement demeurent un frein structurel majeur pour les entreprises, affectant leur trésorerie et limitant leur capacité de développement, d'où la nécessité d'une transformation en profondeur des mécanismes de financement.

Dans ce cadre, il a expliqué que la stratégie SCF vise à instaurer une nouvelle dynamique de confiance entre fournisseurs, donneurs d'ordre et institutions financières, à travers la mise en place d'une infrastructure numérique dédiée et le déploiement progressif de solutions adaptées.

Le lancement de cette stratégie ouvre ainsi la voie à l'engagement de la phase de mise en œuvre, qui devra traduire les orientations stratégiques en actions concrètes et coordonnées, à travers un dispositif de gouvernance structuré associant les principales parties prenantes.